| Fiche amicale |
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| Sujet N° 1 : De quoi l'art doit-il s'affranchir ? |
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| Auteur : Jean-Baptiste Farkas |
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| Date : 05.05.2006 |
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| Lieu : Café Le Progrés |
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| Texte associé au sujet : |
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| J’ai tendance à penser que s’il y a art c’est que l’affranchissement est déjà accompli. L’art exerce sa liberté, il ne la revendique pas. Cette liberté nécessite des transformations à commencer par soi-même, dans la façon dont on inscrit son désir à partir d’une lecture des conditions données. C’est ce que j’appelle le développement de stratégies de liberté. François Deck |
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Compte rendu de cette amicale : |
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L’affranchissement n’est-il pas déjà accompli dès lors qu’on parle d’art ? Il serait le processus qui mène au statut artistique. Il s’agit d’établir des stratégies de liberté. Affranchissement de soi. Ça pourrait être la raison d’être d’un artiste, sa motivation : s’affranchir. De la reconnaissance, de la visibilité. Travailler dans une invisibilité opérante. Toucher l’inconscient collectif, s’y immiscer souterrainement, subrepticement, sans être ostentatoire. Diffraction underground. La pensée taoïste suggère de s’affranchir des règles, du matérialisme, voire de sa propre volonté. L’affranchissement passerait par une connaissance de soi, aiguisée par l’expérience. Ne rien faire, avec méthode ! Se débarrasser d’une habitude par an ? Créer les conditions pour que les choses suivent leur cours. Il suffit d’un constat. Se distancer, observer que ce que l’on est en train de faire vaut moins que de ne rien faire. Acquérir la volonté de s’arrêter. Il ne s’agit pourtant pas de faire table rase de ce qui est ou a été, puisque nous restons — malgré nous ?— les héritiers des ruptures passées. Les impressionnistes eux-mêmes étaient irreprésentablesà leur époque, c’est-à-dire littéralement invisibles. L’histoire de l’art est celle d’affranchissements continuels. Il ne s’agit pas de sortir de l’art, mais de sortir l’art de ses limites. S’affranchir de l’idée qu’on se fait de l’art. Mais quelle idée s’en fait-on au juste ? Un domaine distinct. Ou encore : la vie. Un champ spécifique (Goethe ne disait-il pas que la fin d’un art, c’est quand les frontières entre les arts fondent ?) Mise en bouche. Faut-il toujours accoler le terme d’art à la création ? Un travail artistique peut pourtant exister sans être énoncé comme tel. (C’est un des enjeux de la Biennale de Paris !) Certains — comme Supernova — sont allés au devant de leur public, sans couverture artistique, sans même que celui-ci le sache. Passage d’un acte artistique en acte : une forme d’émancipation ? On n’attend plus du chef d’oeuvre qu’il soit une pièce unique, exceptionnelle, tangible, mais plutôt qu’il opère en tant que processus, qu’il soit une efficience portée sur le réel, avec une visée juste. Passage des faits de société aux faits créatifs de sens ? On n’a pas besoin de donner artificiellement aux statuettes africaines le statut d’oeuvre d’art pour les valoriser. Ce détournement de sens masque la réalité d’origine, en ôte la beauté. Pourquoi questionner l’art ? Pour lui apporter ce qu’on n’attend pas de lui. S’affranchir d’une économie. La vente aux oubliettes ? Perversité du système : la spéculation ne concerne que l’achat, pas la gratuité. Cependant, on peut aussi déployer plus largement une production lorsqu’elle est gratuite. Comment être rémunéré hors du commerce de l’art ? Grâce à une structure sociale, comme une association, qui permet de s’embaucher soi-même. En s’appuyant sur les circuits de masse (supermarchés, écoles etc.). En se constituant un réseau, notamment en profitant des ressources financières des amis travaillant en entreprises ! L’art devrait penser son circuit économique. Celui-ci peut dépasser le cadre des personnalités de l’art et s’adresser également aux particuliers, comme le pratique That’s Painting Production. Plutôt que de payer des objets tangibles, rémunérer les artistes comme des prestataires de service. Payer des honoraires aux artistes ?
Par Claire Fouquet |
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| Documents relatifs au sujet |
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