Je vais donner une version des possibles réponses que je pourrais donner à cette phrase. « Être pensé par l’art » me paraît d’emblée comme une certaine aliénation. Je suis le produit de l’art, je reproduis, recycle à l’identique, et tourne en boucle. Je surfe sur la vague, j’utilise les flux, je suis en réseau, en simultané ici et là-bas, partout et nulle part. Je subis l’art qui me dit comment penser et comment agir.« Penser l’art » me paraît comme allant de soi. Le minimum. « Penser l’art » permet de prendre du recul, d’approcher à pas lents, de contourner le sujet pour mieux le saisir, de dire ce que l’on pense de l’art et de critiquer l’art. Alors qu’il est périlleux de critiquer l’art si l’on est pensé par l’art car ce n’est pas une bonne stratégie pour faire partie du réseau de l’art.
Karine Lebrun, Agence Rencontre Service |